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Rapport d'étude sur le "Devenir de l'ingénierie" à l'initiative de la CDEFI, du Conseil général des Mines et du Consel Général des Technologies de l'information.

Avant propos du rapport "Devenir de l'ingénierie"            
            
             La dualité de l'enseignement supérieur français, organisé en universités et écoles, fait régulièrement débat dans notre pays. Ce débat a trop longtemps pris la forme d'une opposition entre les tenants du modèle universitaire et ceux du modèle des écoles, et d'échanges parfois vifs sur les mérites respectifs de chacun d'entre eux.


             S'est progressivement imposé le sentiment que le temps était venu de dépasser cette confrontation entre modèles, de favoriser des convergences permettant de combiner ce que chacun avait de meilleur, et d'accompagner ainsi l'évolution de notre enseignement supérieur et son adaptation aux défis de ce siècle.

 

            Trois facteurs ont contribué à cette prise de conscience :

 

      *  En premier lieu le constat que s'instaurait une compétition grandissante, à l'échelle mondiale, entre les systèmes de formation supérieure des principaux pays développés, dans un cadre marqué par l'exigence des pays émergents d'accéder au savoir. Cette compétition est d'ailleurs particulièrement accusée dans le domaine des formations en ingénierie et en gestion. La persistance de tels clivages dans le système français apparaît dès lors comme profondément décalée face aux enjeux de cette mondialisation et néfaste pour sa visibilité et sa reconnaissance internationales.

 

    * La modification profonde du paysage français de l'enseignement supérieur sous l'effet de la loi de programme pour la recherche et de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités. Ces lois introduisent en particulier une priorité aux politiques de coopération dites « de site » (afin que notre système gagne en taille et en visibilité), un mouvement vers une plus grande autonomie des universités, une refonte sur des standards internationaux de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (avec la création d'une agence indépendante, l'AERES) et enfin une volonté de renforcer le caractère professionnalisant de bon nombre de formations.

 

     * Une volonté, politique puisqu'affichée par le législateur, de rapprocher le système des universités et celui des écoles, cette notion de rapprochement devant toutefois recevoir un contenu concret.

 

            De nombreux acteurs ont depuis lors engagé des réflexions sur les objectifs et les moyens d'un tel rapprochement. Deux d'entre eux se sont rencontrés : la Conférence des directeurs d'écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI) d'un côté, la  section commune du Conseil général des mines (CGM) et du Conseil général des technologies de l'information (CGTI) de l'autre.

 

             Les échanges intervenus entre CDEFI, CGM et CGTI ont rapidement fait apparaître une convergence des réflexions préliminaires menées par chacun sur le pourquoi et le comment de ce rapprochement.

             Ils ont également permis d'élargir le champ des investigations à mener. Ces réflexions étaient en effet initialement centrées sur la dualité écoles-universités. La conviction s'est peu à peu imposée que le principal enjeu était en fait de cerner l'identité de l'ingénierie, au sein de la famille des formations professionnalisantes, de définir la place de celle-ci parmi les diverses composantes du système de formation supérieure, de déterminer les mécanismes vertueux favorisant une réelle interdisciplinarité entre ces composantes et, ce faisant, de contribuer à imaginer un modèle pour l'université de demain.

 

           C'est ainsi qu'est née cette démarche conjointe de réflexion, dont l'animation a été confiée à Robert Chabbal, et qui a conduit aux propositions de ce rapport.

            Robert Chabbal a constitué un groupe de travail d'une trentaine de personnes, principalement directeurs d'écoles de toutes origines (indépendantes, composantes d'universités, sous tutelle du ministère chargé de l'enseignement supérieur ou sous celle de ministères techniques, écoles privées...). Deux membres de la Conférence des présidents d'université (CPU) ainsi que deux anciens directeurs scientifiques du CNRS, y ont également participé.

 

          Ce groupe s'est réuni à quatorze reprises, dans un climat de confiance et une volonté de construire ensemble. Il a dégagé un certain nombre d'orientations et de recommandations résumées dans ce rapport qui a recueilli un large accord en son sein.

 

          Que tous les membres de ce groupe de travail soient ici chaleureusement remerciés pour ce qu'ils ont apporté à cette démarche : leur disponibilité, leur expérience des réalités locales, leur force de propositions et leur volonté commune de faire progresser notre enseignement supérieur.

 

          Qu'il soit enfin clair que les recommandations de ce rapport ne visent aucunement à acquérir une portée normative ou prescriptive. L'organisation de la formation en ingénierie, et plus généralement de l'enseignement supérieur, sera avant tout le fait des acteurs locaux, en fonction des particularités du terrain et de l'histoire des coopérations déjà établies, en fonction également de leur volonté de partager un projet commun.

          

           Ce rapport précise donc un certain nombre de principes dont le respect est nécessaire au succès des projets locaux de rapprochement et, pour le reste, propose un large éventail de formules à la disposition de ces acteurs.
Type :
Étude/rapport
Dates :
Créé le 30 juin 2008

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