Former les ingénieurs aux low-tech : un webinaire de la CDEFI interroge les modèles de formation

19/05/2026
La commission Transition écologique et sociétale de la CDEFI a organisé, le 19 mai, un webinaire réunissant enseignants-chercheurs et praticiens afin d’explorer les implications du paradigme low-tech dans la formation des ingénieurs, entre robustesse, sobriété et transformation des cursus.

Le 19 mai, la Commission Transition écologique et sociétale de la CDEFI a organisé un webinaire consacré à l’évolution des formations d’ingénieurs face aux enjeux écologiques et sociétaux. Intitulée « Former les ingénieurs aux low-tech : quels enjeux pour les écoles d’ingénieurs ? », cette rencontre visait à interroger les fondements des cursus historiquement centrés sur la performance et la complexité technologique, à explorer les apports du paradigme low-tech, et à identifier les compétences à développer chez les futurs ingénieurs.

En ouverture, Olivier Hamant a proposé un changement de perspective en invitant à passer d’une logique d’optimisation à une logique de robustesse, inspirée du fonctionnement du vivant. Dans cette approche, la low-tech est envisagée comme une grille de lecture permettant de repenser les systèmes techniques dans un contexte marqué par des fluctuations croissantes et des incertitudes structurelles.

La table ronde a ensuite donné la parole à trois retours d’expérience issus d’écoles engagées dans ces démarches. À l’UTC, Stéphane Crozat a présenté une dynamique de “lowtechisation” progressive des enseignements et l’intégration d’outils de techno-critique dans les cursus. À Centrale Nantes, Jean-Marc Benguigui a décrit une option dédiée à l’« ingénierie de la low-tech », fondée sur des projets longs, interdisciplinaires et ancrés dans des situations concrètes. À l’ICAM, Rémy Ducros a exposé une stratégie d’infusion transversale des low-tech dans les formations et dans la vie de campus.

Les échanges avec les participants ont permis d’approfondir plusieurs questions, notamment la définition opérationnelle de la low-tech en formation, la posture attendue des ingénieurs, ainsi que l’articulation entre sobriété, innovation et compétences techniques.

Il ressort de cette rencontre une convergence forte : la low-tech ne s’inscrit pas comme une réduction de la technicité, mais comme une forme d’ingénierie exigeante, impliquant une évolution significative des pratiques pédagogiques et des modèles de formation.

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