Campus France a publié son rapport annuel des Chiffres Clés qui présente les grandes tendances de la mobilité étudiante dans le monde. L’étude s’appuie sur six sources de données : les statistiques de l’UNESCO, les bases de données 2022 de l’OCDE, le SIES, le rapport 2024 de la Commission européenne sur la mobilité Erasmus+ en 2023, les données sur les visas du ministère de l’Intérieur et les données statistiques du service décisionnel et du service recherche de Campus France.
La mobilité étudiante diplômante dans le monde en 2022 : de nouvelles dynamiques observées
La crise sanitaire mondiale de Covid-19 a entraîné une quasi-stagnation des flux étudiants en 2020 et 2021 (+0,2 %) alors que ces derniers connaissaient une croissance soutenue entre 2014 et 2019, avec une hausse de 26 %. Une reprise semble être actuellement observée avec 6,9 millions d’étudiants en mobilité internationale diplômante en 2021-2022, soit une augmentation de 7 % en un an et 27 % en cinq ans.
Cette relance s’accompagne de nouvelles dynamiques entre les grandes destinations. Les États-Unis maintiennent leur place de premier pays d’accueil, même si une baisse de 15 % de leurs étudiants internationaux entre 2017 et 2022 est constatée. L’Australie recule au quatrième rang avec une croissance nulle sur la même période. À l’inverse, certains pays ont réussi à renforcer leur attractivité, comme le Royaume-Uni et le Canada qui enregistrent des hausses respectives de +55 % et +60 %, tandis que l’Allemagne, désormais troisième destination mondiale, dépasse les 400 000 étudiants étrangers accueillis, une hausse de +56 %. La France, malgré une progression de +21 % entre 2017 et 2022 perd une place et devient septième destination mondiale des étudiants en mobilité.
Un constat similaire peut être fait pour la mobilité sortante, qui connaît la même évolution (+7 %) en un an avec des changements significatifs entre les pays. La Chine et l’Inde conservent respectivement leurs 1re et 2e place des pays d’origine, mais la croissance chinoise stagne (+1 %) tandis que celle de l’Inde a continué de se développer (+21 %) en 2021-2022. Avec une baisse de -3 % cette même année, le Vietnam perd sa troisième place au profit de l’Ouzbékistan dont les mobilités étudiantes sortantes ont fortement augmenté entre 2017 et 2022 (+330 %). Les autres pays ayant connu les plus fortes augmentations en 2021-2022 sont le Nigeria (+32 %), le Pakistan (+26 %), l’Iran (+15 %), l’Egypte (+14 %) et le Bangladesh (+20 %). Du côté de la France, on remarque également une légère reprise des mobilités sortantes depuis la fin de la crise sanitaire (+7 % en 2021-2022), mais le pays se retrouve désormais à la septième place des pays d’origine des flux étudiants sortants avec un peu moins de 114 000 étudiants français en mobilités diplômantes.
Les étudiants internationaux en mobilité en France en 2023-2024
Avec 430 466 étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur français en 2023-2024, la France poursuit sa progression, enregistrant une hausse de 4 % en un an et de 17 % en cinq ans. Cette dynamique est principalement portée par les étudiants venus d’Afrique subsaharienne (+34 %) et d’Europe (+21 %). Les hausses sont plus modérées en provenance de l’Afrique du Nord-Moyen-Orient (+14 %), de l’Amérique (+5 %) et de l’Asie (+3 %). Les cinq premiers pays d’origine restent inchangés : Maroc, Algérie, Chine, Italie et Sénégal. Si le nombre d’étudiants chinois repart à la hausse (+6 %) pour la première fois depuis 2019-2020, les effectifs marocains reculent légèrement pour la deuxième année consécutive (-4 %).
Par région d’origine, les étudiants accueillis viennent d’Afrique du Nord-Moyen-Orient (28 %), Europe (25 %), Afrique subsaharienne (25 %), Asie-Océanie (13 %), Amériques (8 %).
La mobilité sortante des étudiants des établissements d’enseignement supérieur français
Pour les étudiants français en mobilité, on remarque que l’Europe reste la première région de mobilité et que les pays francophones suscitent également de l’intérêt, avec comme principales destinations la Belgique (+4 %), la Suisse (+2 %) et l’Espagne (+8 %). Le Canada, deuxième pays d’accueil des étudiants français, affiche une évolution de 37 % par rapport à l’année passée. Le Royaume-Uni, bien que 4e pays d’accueil des étudiants français en mobilité, note une baisse de 16 % par rapport à 2021-2022. Les États-Unis, en baisse de 12 % sur les 5 dernières années, affichent quant à eux une croissance positive sur l’an passé (16 %).
Parmi les pays de destination des étudiants français qui ont connu les plus fortes croissances ces cinq dernières années, on retrouve l’Espagne (+58 %), les Pays-Bas (+122 %), la Roumanie (+58 %), le Portugal (+315 %), l’Irlande (+93 %), la Finlande (+90 %), la Croatie (+315 %) et la Norvège (+212 %) confirmant bien l’intérêt grandissant pour les pays européens.
Focus sur la mobilité étudiante Erasmus + dans l’enseignement supérieur
- 428 000 étudiants et personnels partis en mobilité via Erasmus+ en 2023 dans les 33 pays du programme ;
- l’Espagne est la 1re destination des étudiants et personnels en mobilité Erasmus+ (64 179, +26 % en cinq ans), la France est 4e (33 895, +15 % en cinq ans) ;
- la France est le premier pays d’envoi des étudiants et personnels en mobilité Erasmus : 57 418, +18 % en cinq ans.
Les étudiants internationaux dans les écoles d’ingénieurs françaises
Les écoles d’ingénieurs affichent une forte dynamique, avec
32 000 étudiants internationaux accueillis en 2023-2024, représentant
8 % de l’ensemble des étudiants internationaux en France,
une hausse de 9 % sur la dernière année. Ces étudiants sont en grande majorité en situation de mobilité internationale, puisqu’ils représentent 81 % des effectifs étrangers. Parmi eux, 72 % effectuent une mobilité diplômante et 9 % une mobilité d’échange. Par ailleurs, 19 % de ces étudiants étaient déjà présents en France pour y effectuer leur baccalauréat, soit environ 6 000 jeunes, un chiffre en nette progression (+47 % en un an), témoignant d’un enracinement croissant dans le système éducatif français.
Les écoles d’ingénieurs comptent également
10 % des doctorants étrangers en France en 2023-2024, ce qui représente 2 638 doctorants, un recul de 7 % par rapport à 2022-2023. Cette diminution du nombre de doctorants étrangers accueillis est constatée dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur français : -12 % entre 2018 et 2023, et -2 % entre 2022 et 2023. La France demeure néanmoins le quatrième pays d’accueil des doctorants internationaux, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.
Sur les cinq dernières années, la progression des effectifs internationaux dans les écoles d’ingénieurs dépasse la moyenne nationale, avec une croissance de 22 %, contre 17 % pour l’ensemble de l’enseignement supérieur. Les étudiants marocains conservent leur première place avec 19 % des effectifs internationaux, malgré une baisse de 1 % sur la dernière année. Les effectifs chinois (8 %) conservent leur seconde place tout en affichant la plus forte baisse : -4 % en un an et -28 % sur les cinq dernières années. Le Brésil connaît également un ralentissement dans ses effectifs (-8 % en un an, -11 % en cinq ans). Dans le même temps, la Côté d’Ivoire (+154 %), le Cameroun (+123 %), l’Algérie (+57 %) et le Sénégal (+55 %) enregistrent de fortes hausses en cinq ans.
La diversité géographique des étudiants étrangers dans les écoles d’ingénieurs s’accentue également. La région Afrique du Nord -Moyen-Orient représente aujourd’hui la première origine, avec 36 % des effectifs, devant l’Afrique subsaharienne (24 %) et l’Asie-Océanie (16 %).
L’étude complète est accessible
sur ce lien.