Stéréotypes de genre : dès le lycée, des biais qui freinent l’accès des jeunes filles aux études d’ingénieur·es

09/02/2026
Une étude récente de l’Institut des politiques publiques (IPP) met en lumière un mécanisme discret mais structurant dans les parcours scolaires : à niveau égal, les appréciations portées sur les bulletins des élèves diffèrent selon leur genre, en particulier dans les disciplines scientifiques.

En analysant plus de 600 000 bulletins d’élèves de terminale scientifique entre 2013 et 2017, les chercheuses montrent que le vocabulaire employé par les enseignants n’est pas neutre et peut contribuer, souvent sans intention, à renforcer des stéréotypes de genre qui influencent les trajectoires vers les études d’ingénieur·es.

Dans les disciplines scientifiques à prédominance masculine, telles que les mathématiques et la physique-chimie, les appréciations des enseignants font plus fréquemment référence aux compétences des garçons, avec une tonalité majoritairement positive (par exemple : « bon niveau », « raisonnement solide », « potentiel »). À niveau scolaire comparable, les appréciations concernant les filles mobilisent moins souvent des termes relatifs aux compétences et portent davantage sur le comportement (tels que « sérieuse », « appliquée », « manque de confiance »). Ces différences de vocabulaire sont nettement moins marquées dans les matières littéraires et dans les disciplines scientifiques à prédominance féminine.

Ces écarts de vocabulaire reflètent des stéréotypes de genre et peuvent, à long terme, réduire la confiance des filles en leurs compétences scientifiques et leur motivation à s’orienter vers des filières techniques, comme les études d’ingénieur·es.

Les résultats de l’IPP font directement écho aux constats de l’enquête Gender Scan 2025, présentée le 20 mars dernier au ministère de l’Économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Partenaire de cette enquête depuis 2021, la CDEFI a rappelé, à cette occasion, que l’inclusion des femmes dans les études et métiers d’ingénieur·es constitue une nécessité pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et technologiques actuels.

Menée auprès de plus de 1 900 apprenantes et apprenants des écoles françaises d’ingénieur·es, l’enquête Gender Scan 2025 met en évidence la persistance des stéréotypes de genre dans les parcours d’orientation. Plus de 40 % des étudiantes déclarent avoir été dissuadées de s’orienter vers les filières STIM, et les enseignants demeurent les prescripteurs les plus influents, devant les pairs et l’entourage familial. Pour une part importante des étudiantes, notamment dans le numérique, ces découragements sont explicitement liés à leur genre.

Pris ensemble, les études de l’IPP et de Gender Scan montrent que les biais de genre s’expriment tout au long du parcours éducatif, dès le lycée, et participent à la sous-représentation persistante des femmes dans les formations d’ingénieur·es. Si l’impact direct sur les performances scolaires apparaît modéré, l’effet cumulatif de ces biais sur la confiance, l’orientation et les choix de carrière reste un enjeu majeur.

Face à ces constats, la CDEFI poursuit et renforce son engagement en faveur de la mixité à travers ses actions et programmes, notamment Ingénieuses et Cap Ingénieuses.

En agissant dès l’enseignement secondaire et auprès des prescripteurs clés, ces initiatives contribuent à créer un environnement plus équitable, permettant à chaque jeune de se projeter dans les études et métiers d’ingénieur·es, indépendamment de son genre.

Lire la note de l’IPP sur ce lien

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